Mot de notre camarade et syndique Erika Schnyder

Mot de notre camarade et syndique Erika Schnyder

Chères habitantes et Chers habitants de la Commune,

Nous avons la chance de vivre dans un beau pays, calme, ordré, où tout fonctionne, où le revenu par habitant est de haut niveau. Nous avons l’une des démocraties des plus évoluées et chaque citoyen jouit non seulement de liberté d’action et de pensée, mais encore bénéficie d’une palette de prestations destinées à lui assurer une qualité de vie des plus agréables. Mais voilà qu’un vendredi 13 mars de l’An de grâce 2020, tout a subitement basculé à la faveur d’un inimaginable virus qui nous a entraînés dans les affres des pires scénarios catastrophe.

Du jour au lendemain, nous avons vu notre train-train quotidien brusquement chamboulé : fini la pratique du sport, les sorties au restaurant, les séances de cinéma, au théâtre ou autres loisirs. Les magasins, musées, zoos, piscines, salles de fitness, coiffeurs, salons d’esthétique, masseurs et j’en passe ont dû boucler derechef. Notre vie professionnelle a été radicalement transformée, nos enfants n’allaient plus à l’école ou dans les structures d’accueil de la petite enfance. Nos parents et grands-parents, nos aînés, ont été priés de se tenir à distance et les résidents des EMS totalement coupés du reste du monde. On se croyait en état de guerre. L’économie a subi de plein fouet les retombées de ce mal indéfinissable dont les conséquences ont été, pour certaines personnes, très lourdes, voire dramatiques.

Pour en venir à bout, on a pris des mesures de semi-confinement et la population a fait le dos rond pendant trois mois, puis les choses se sont tassées et l’on s’est dit qu’on était enfin tirés d’affaire. Hélas, c’était sans compter avec un retour de balancier. La deuxième vague du virus est arrivée, encore plus virulente que la première et cette fois-ci, on est loin de voir le bout du tunnel. Si on a évité un strict confinement, comme en mars, on est passé par des mesures diverses, certaines intrusives au regard de notre liberté personnelle, de mouvements et qui ont fortement affecté notre quotidien.  Les effets de ce virus sont pernicieux et mettent à mal nos infrastructures. Les hôpitaux sont débordés. Le personnel soignant est à bout de forces et de nerfs, en raison d’horaires de fous, de travail dans des conditions difficiles et d’incertitudes quant à l’avenir. Les autorités fédérales et cantonales se livrent à un savant jeu d’équilibristes afin de concilier vie sociale et économique avec les exigences sanitaires, tout en essayant de sacrifier le moins possible les besoins des individus et de l’économie aux principes de santé publique. Cependant, à force de vouloir ménager la chèvre et le chou, on finit par ne plus rien maîtriser. Il faudra donc s’attendre, pour les semaines, voire les mois à venir, à devoir poursuivre cet épuisant exercice et subir encore plus de restrictions et d’atteintes à notre liberté.

Oui, nous en avons marre. Oui, nous sommes en manque de notre confort habituel et oui, nous voulons pouvoir vaquer à nos occupations comme avant. C’est toute notre existence, notre moral et notre résistance qui en pâtissent et les différents secteurs de l’économie de notre pays, même soutenus à coups de milliards de francs par l’Etat, peinent à relever la tête. Cette situation, de surcroît, impacte aussi les pouvoirs publics qui doivent contrer les effets du virus, autant que faire se peut, et se retrouveront avec des pertes fiscales conséquentes, alors que leurs charges vont sensiblement augmenter.

Bref, cette année 2020 laissera à jamais son empreinte sur notre existence et on s’en souviendra avec déplaisir et consternation. A la veille de Noël, pour ceux d’entre nous qui ont souffert de la contamination, ou perdu un proche, ou encore subi des pertes économiques ou tout simplement mal vécu ces intenses moments, l’important est de rester positifs. Nous pouvons garder l’espoir d’un lendemain meilleur. Nous avons encore la chance de conserver un certain confort, nonobstant tous les inconvénients que nous subissons. Ce qui m’amène à dire que, en cette période particulière, nous nous devons de faire preuve de solidarité envers tous ceux qui souffrent davantage que nous, pour ceux dont le quotidien correspond, depuis des années, aux restrictions que nous connaissons depuis mars dernier, voire pire, parce que vivant dans un Etat en guerre, victimes de dénuement, en exil migratoire ou tous les laissés pour compte de la prospérité économique. Même si nous estimons que le prix à payer pour ce virus est exorbitant, cela vaut certainement la peine des efforts accomplis et des quelques restrictions demandées. Ne perdons pas courage, agissons en citoyens responsables et faisons front avec volonté et conscience.

Je vous souhaite, et le Conseil communal ainsi que l’Administration communale, de passer de très belles fêtes de Noël, en dépit des circonstances, avec votre famille proche et formule le vœu que 2021 ramène enfin la sérénité et l’apaisement, après ces temps difficiles.

Erika Schnyder, syndique