Discours de notre Président Frédéric Clément pour la fête nationale du 1er août

Discours de notre Président Frédéric Clément pour la fête nationale du 1er août

Chers Villaroises et Villarois,

Chers concitoyennes et concitoyens,

Cette année est particulière à plus d’un titre. Pour la première fois de son histoire, la célébration communale de notre fête nationale n’a hélas pu avoir lieu à cause de la triste crise sanitaire du Covid-19. Nombreuses sont les personnes qui souffrent de cette situation et j’ai une pensée toute particulière pour elles. Néanmoins, comme lors de toute crise, la Suisse a toujours démontré une force incroyable pour se relever et reconstruire ce qui doit l’être. Notre pays est pragmatique et capable de traverser bien des tempêtes. Mais la Suisse c’est aussi un pays en mouvement et en ces temps perturbés, il m’apparait important de relever quelques vérités parfois oubliées. C’est sous le signe de l’ouverture, de la bienveillance, du partage que je souhaiterais placer cette année de présidence.

La Suisse est depuis toujours un pays en mouvement. Au carrefour de toutes les routes, notre territoire a été traversé par tant de civilisations qui toutes ont laissé leur marques. En historien que je suis, je ne puis m’empêcher d’en retracer les grandes lignes. Nos ancêtres les plus lointains furent les chasseurs-cueilleurs nomades venus de France et d’Allemagne actuelles, puis vinrent les Alamans, les Celtes et les Helvètes. Ces derniers ont même quitté un temps le territoire pour trouver des terres plus cultivables vers l’est, sous la menace des Germains.  Ce fut le prétexte recherché par Jules César pour déclencher la Guerre des Gaules. Revenus sur leurs terres après avoir été défaits, les Helvètes se sont par la suite mélangés à tous ces peuples qui transitèrent par nos routes, jusqu’à former un ensemble hétéroclite, mais surtout multiculturel qui fait toute la richesse de la Suisse. Nous avons connu la domination germaine, burgonde, les Francs, les Bourguignons, les Habsbourg et j’en passe. C’est dans ce melting-pot qu’a grandi une volonté commune d’alliance que nous célébrons en ce 1er août. Et c’est en puisant le meilleur de tous que nous avons forgé un système politique et une façon d’appréhender les épreuves unique en son genre. Ne nous fermons pas à ce qui vient de l’extérieur, car chaque culture possède ses richesses. Il n’existe pas une voie à suivre, mais bien plusieurs façons d’appréhender notre quotidien.

Villars-sur-Glâne ne fait bien évidemment pas exception à ce cheminement historique. Lieu de passage obligé, notre commune constitue un carrefour important qui a toujours été emprunté au cours des siècles, que ce soit pour le transport des marchandises ou celui des personnes. Occupée depuis la fin du Néolithique, Villars-sur-Glâne a été une terre arable, puis propriété d’une grand famille seigneuriale à qui elle doit son nom : les Villars. S’étirant sur un territoire beaucoup plus vaste qu’actuellement, la paroisse était cependant modeste et c’est bien dans cette relative pauvreté qu’elle a vu grandir à ses frontières une ville qui bientôt se trouva trop à l’étroit. Devenue vassale de Fribourg, notre commune a souffert de cette promiscuité. Les rapports entre les deux entités furent souvent tendus, comme lors du transfert d’une partie des territoires villarois à sa voisine citadine, en 1906, sous arbitrage du Conseil d’Etat. Ayant le sentiment d’avoir été flouée, la commune dut céder le plateau de Pérolles, Beaumont, la Vignettaz et Bethléem contre une indemnité jugée ridicule. La blessure fut profonde et marqua longuement les esprits villarois, au point que les relations entre les deux communes demeurèrent pour longtemps frappées du sceau d’une hostilité patente.

Le temps a passé cependant et un nouveau défi nous attend : celui de trouver notre place au sein d’une entité beaucoup plus vaste qui compterait plus de 70’000 citoyens. Il est normal d’avoir peur face à pareil projet. Le Grand Fribourg peut apparaître comme une annexion pure et simple de notre commune dans un ensemble sans âme, au seul service de notre voisine. Il n’en est rien : vouloir demeurer en dehors d’un tel projet équivaudrait à jouer les villages gaulois retranchés au milieu d’un ensemble plus vaste qui lui disposerait d’une écoute certainement plus attentive de la Confédération. La fusion du Grand Fribourg ressemble à cette volonté commune qu’ont eue nos ancêtres de s’unir pour être plus forts. Loin de moi l’idée de nous comparer aux Waldstätten  devant lutter face à des Habsbourg oppressants, mais il parait clair que l’union a toujours été plus efficace qu’une voie solitaire. En ces temps troublés, alors que notre économie a grandement souffert de la crise sanitaire –Villars-sur-Glâne sans doute plus que d’autres communes, vu notre situation économique particulière qui repose grandement sur l’imposition des personnes morales- il est peut-être temps de réfléchir aux conséquences positives que pourraient nous apporter pareille union. Le projet doit bien sûr être aussi égal que possible. Les choses ne sont pas inscrites dans le marbres : vous avez encore la possibilité de faire entendre votre voix et c’est en ce sens que je vous encourage à vous rendre massivement aux urnes lors du vote consultatif à venir (26 septembre 2021).

Les défis ne manqueront pas ces prochaines années pour notre commune, mais je ne doute pas que nous saurons, comme toujours, nous montrer sages et solidaires pour les affronter. C’est ensemble que nous sommes forts, sans discrimination, égoïsme ou fermeture d’esprit. La Suisse existe parce que nous l’avons voulue, elle existe également parce que les autres l’ont acceptée. C’est avec cette pensée en tête que je vous souhaite, chères Villaroises et chers Villarois, une joyeuse fête nationale. Et surtout prenez soin de vous !

Frédéric Clément

Président du Conseil général